Découvrez l’oeuvre de cinq artistes féminines qui ont mis leur art au service d’une réflexion sur la femme et sur sa place dans la société. Ces forces de la nature dénoncent clichés et stéréotypes avec humour, violence ou poésie.

Judy Chicago

Judy Chicago a fait de son œuvre un plaidoyer féministe. Créatrice inclassable, intellectuelle et militante, son travail est au croisement du pop art, du Light and Space et du minimalisme. Bien qu’avoir été baptisée « marraine du féminisme » par le New York Times, l’artiste ne fait pas l’unanimité chez les féministes. À la différence de beaucoup de créatrices, elle n’est pas dans le récit autobiographique, pas plus que dans la performance ou le body art. Elle agit plutôt en chercheuse, traquant les angles morts de l’Histoire. Avec le nouveau souffle donné au féminisme par le mouvement #metoo, Judy Chicago est plus sollicitée que jamais. Mais rien n’est acquis selon elle : « Le changement, ce n’est pas se débarrasser de quelques individus comme Weinstein, mais changer le système. »

Miss Tic

Miss Tic c’est le visage féminin et féministe du street art français, largement dominé par des figures masculines. Sur la toile comme dans la rue, Miss Tic joue sur les mots et les idées reçues, avec esprit et poésie. La femme y est omniprésente : elle est fatale, dans son physique comme dans ses mots. Miss Tic piétine ainsi l’idée d’une femme marchandise, et renvoie l’image d’une femme libérée, sûre d’elle, affirmée socialement et sexuellement.

Niki de saint phalle

Niki de Saint-Phalle, dans sa vie comme dans son oeuvre, défie un ordre établi qu’elle trouve injuste pour la femme. En 1961, avec la série des «Tirs», Niki de Saint-Phalle illustre une femme au pouvoir, en contraste avec une division des tâches où le tir et plus généralement la puissance est l’apanage du masculin. Elle passe ensuite de la colère à l’engagement, en représentant des mariées, des prostituées, des accouchements, et en jouant sur l’ambivalence entre asservissement et puissance créatrice. Enfin épanouie, l’aboutissement de sa réflexion autour du féminin est incarné par la série des «Nanas», créées à la gloire de la femme moderne, dont les couleurs et les mouvements évoquent la liberté et la puissance.

Kashink

Une moustache dessinée au dessus des lèvres et de longs cheveux châtains attachés, c’est le style atypique de Kashink, graffeuse parisienne qui s’est imposée dans le domaine du street art. Engagés et originaux, ses oeuvres sont un moyen de faire passer des messages de manière pacifique. Elle aime aborder les tabous dans notre société, tels que l’égalité des droits homme/femme, l’homosexualité, la religion… Elle travaille beaucoup sur la thématique du genre qui, selon elle, n’est pas bien perçue en France. D’où son projet intitulé « Genre libre ». Il regroupe une série de personnages qui sont un mélange masculin-féminin (moustache et boucles d’oreilles). « C’est un sujet que je connais bien et moi-même, au quotidien, je pratique cette confusion en portant la moustache ». 

Louise Bourgeois

Louise Bourgeois a, par son art, remis en question les normes familiales et notamment la figure du père. Elle mettait en revanche souvent en valeur le rôle de la mère, représentée par ses fameuses araignées protectrices dans son oeuvre. Sans avoir recours à une esthétique féminine et sans revendiquer réellement ses convictions féministes, Louise Bourgeois a pourtant exposé les failles de la société et du genre.

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